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Le retour de l'inflation


Elle s’est fait attendre, mais plus aucun doute, les Etats Unis ont annoncé une hausse des prix moyen sur 1 an de +5%, et +0,6% sur le dernier mois, soit des chiffres supérieurs aux attentes des économistes. En cause, les aides gouvernementales et les frustrations des mois de confinement poussant de l’avant la demande. Les chaînes mondiales d’approvisionnement sont impactés par des délais de livraison fortement rallongés, la régulation du marché se fait naturellement par les prix.


Et chez nous ? Depuis douze ans, les économies européennes sont restées sans une forte inflation.


En France de 2013 à 2021, le taux d’inflation moyen est même inférieur à la moitié de son objectif.


L’économie croît sans provoquer des hausses de salaires ou de prix. La commission Européenne prévoit pour 2021 une hausse de l’inflation en zone Euro de 1,7%.


Nous vivons depuis plusieurs années avec des taux d’intérêts bas et des taux négatifs à court terme. Cette situation procure un avantage considérable aux emprunteurs mais dégrade les conditions d’épargne.


La croissance sans inflation est un dilemme pour la BCE, elle ne parvient pas à s’approcher des 2%, seuil permettant de soutenir la croissance sans dégrader le pouvoir d’achat.


Si la croissance et l’inflation entretiennent des relations étroites, plusieurs économistes insistent sur le fait que l’inflation serait le reflet d’un déséquilibre économique dû à une mauvaise gestion des Banques centrales. Par le jeu des taux d’intérêts, la BCE est amenée à intervenir afin d’assurer la stabilité des prix.


Cette intervention est faussée car les prix des actifs financiers et de l’immobilier ne se sont pas pris en compte dans l’indice des prix. L’Europe et la France peuvent s’assurer que leur capacité de production peut suivre la demande, alors l’inflation restera faible et durable à long terme. Toutefois si les entreprises réagissent à la pénurie d’offre en faisant monter les prix, cette croissance économique entraînera une croissance de l’inflation.


Dans le cas d’une inflation par les coûts, l’augmentation des prix n’est pas due à un excès de demande mais à une hausse des prix des denrées alimentaires, hausse des matières premières comme le pétrole, ou une chute de l’euro qui augmenterait le prix des biens importés. La France pourrait utiliser la politique budgétaire pour empêcher une croissance excessive de la demande globale. Si la croissance devient trop rapide, la BCE pourrait augmenter les taux d’intérêts. Des taux d’intérêts plus élevés mais modérés et des coûts d’emprunts plus élevés devraient réduire la croissance et maintenir l’inflation.

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